(yup)
Quand j'ai donné rendez-vous à
Noémie et Guillaume pour la première fois, sur une plage, j'étais loin de me douter que ce choix serait si approprié.
Quand ils m'ont parlé de leur projet, il m'a fallu une bonne dose de self-control pour garder un minimum de dignité et ne pas sauter au plafond.
Quand je suis revenu de leur mariage, je me suis dit que c'était pour des journées comme celle-là que je faisais, et que j'aimais, ce métier.
Quand on a eu terminé cette séance, devant le plus infâme blanc de poulet qu'il m'ait été donné d'ingurgiter (dans un restaurant dont je tairai le nom, mais encore sur une plage), j'ai pensé que j'avais beaucoup de chance d'être à ma place, et que les images créées ce jour-là étaient parmi ce que j'avais fait de mieux.
Quand je les regarde aujourd'hui, je me dis que j'avais raison. Je me dis aussi que quand on a réuni les bons sujets, les bonnes conditions, et un tel amour, mon travail est presque terminé... le reste, Nadar le décrivait déjà en 1857 :
La photographie est une découverte merveilleuse,
une science qui occupe les intelligences les plus élevées, un art qui aiguise les esprits les plus sagaces et dont l'application est à la portée du dernier des imbéciles...
La théorie photographique s'apprend en une heure...
Ce qui ne s'apprend pas...,
c'est le sentiment de la lumière...,
c'est l'intelligence morale de votre sujet,
c'est ce tact rapide qui vous met en communion avec le modèle... et vous permet de donner...
la ressemblance la plus familière et la plus favorable,
la ressemblance intime.
Nadar
12.12.1857Tellement vrai.




















